Ferrari Monza SP1 et SP2 :%% Espèce menaçante !

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La barquette, expression la plus simple de la sportive, est de retour chez Ferrari ! Rendant hommage à la 750 Monza, la monoplace Monza SP1 et sa variante biplace, la SP2, sont bâties sur le châssis en alu de la 812 Superfast. Une base solide, donc, même si cela ne suffisait pas, manifestement. Le V12 a eu droit à une petite louche de watts en rab, mais c’est la cure minceur qui impressionne ! Rarement Ferrari à moteur avant aura été aussi affûtée !  

Premières et valeureuses représentantes de la nouvelle gamme lancée par Ferrari, répondant au doux nom d’Icona – à ne pas confondre avec le Hyundai Kona -, les Monza SP1 et SP2 sont des barquettes.

Si c’est vers la viande que votre esprit a bifurqué (on a improvisé un petit test clinique au niveau de nos rédactions, ça ne rate pas !), songez, pour limiter les dégâts, à du bœuf de Kobe, reconnu comme étant l’une des viandes les plus savoureuses qui soient. Vous vous rapprocherez alors un minimum du niveau d’excellence contenu dans ces deux barquettes conçues par les «extraterrestres» du département Special Series de Maranello, et de l’effet bœuf qu’elles ont eu le mois dernier sur les visiteurs du Mondial de Paris.

Pour clore ce sujet, pour en finir avec le rayon «alimentation», il y a lieu de noter qu’avec leurs lignes néo-rétro aussi lascives qu’épurées et leur base technique ô combien enviable, ces dérivés rêvés de Sa Majesté Ferrari 812 Superfast réservent une boucherie aux éventuelles McLaren et Lamborghini qui oseraient se dresser sur leur route.          

Ce n’est rien de dire que le V12 que partagent la SP1 et la SP2 est fort comme un bœuf… Mais ce serait mettre la charrue avant les bœufs. Car, nos deux gravures de mode motorisées sont d’abord et avant tout destinées à rendre hommage à la Ferrari 750 Monza, baptisée ainsi suite à son triomphe en 1954 sur ce circuit mythique, à l’occasion de sa toute première course, mais aussi à d’autres barquettes ayant laissé une trace dans l’histoire de la marque et de l’automobile (voir encadré). A commencer par la variante Barchetta de la première d’entre toutes les Ferrari de route, la 166 MM de 1948.

Entièrement carrossé côté passager, l’habitacle de la SP1 se résume au poste de pilotage. C’est ce qui s’appelle aller à l’essentiel ! Impossible de ne pas faire le parallèle avec les monoplaces de la Scuderia Ferrari !

La SP1 en pole

Les deux nouvelles font honneur à leurs glorieuses aînées en revisitant à la sauce d’aujourd’hui le style minimaliste qui faisait fureur dans les années 50. A ce petit jeu, c’est la SP1 qui s’en sort le mieux, plus fidèle qu’elle est à l’esprit «Barchetta». Comme ses illustres devancières, c’est une monoplace ! Son arête dorsale unique la rend plus proche de la dégaine de la 750 Monza que la variante biplace, qui se console comme elle peut avec sa praticité et sa polyvalence naturellement supérieures.

La SP1 est un poil plus authentique, mais la SP2 est largement en mesure de truster tous les prix de beauté auxquels ne prend pas part sa sœurette ! Le capot long comme un jour sans pain et plongeant divinement bien tel un Guo Jingjing (plongeur chinois détenant le record de médailles récoltées aux Jeux Olympiques dans sa discipline, avec quatre breloques d’or et deux d’argent), est une ode à la volupté. La poésie est également à l’honneur grâce à l’absence de pare-brise, élément remplacé par un saute-vent lilliputien, mais aussi la présence de feux à l’originalité folle et, au niveau des flancs, d’extracteurs latéraux en guise de césures aussi percutantes que dans un alexandrin de stricte facture.

Evidemment, les nuances entre les deux Monza sont plus patentes à bord, la SP2 embarquant un siège baquet supplémentaire, de même qu’un volumineux ponton destiné à délimiter franchement le poste de pilotage, à confiner le pilote comme il se doit dans l’univers du sport auto.

Dans les deux cas, cependant, on a affaire à des «brad-cockpits», si vous voyez le topo, à des cockpits à la vénusté proverbiale – si les calembours ne sont pas votre came ou que vous trouvez exagéré le tapage fait autour de la plastique de celui que d’aucuns considèrent comme étant la Ferrari des acteurs hollywoodiens.

Comme un cockpit en pâte !

Les chiens ne font pas des chats. Aussi radicales soient-elles, les Monza SP1 et SP2 n’ont rien d’une F40 ! Point de vis et de câbles apparents ! Ces deux-là bénéficient du statut de «fuoriclasse» dont se prévaut leur donneur d’organes ! La 812 Superfast est un monument de la «dolce vita». Tout en étant moins à cheval (cabré) sur l’étiquette que la grande GT de Maranello, les deux barquettes ont su éviter l’écueil de l’ambiance 100% racing, habituellement synonyme de finition à la truelle… Le poste de pilotage invite à l’attaque, surtout sur la SP1, où tout est centré sur l’heureux automobiliste au séant suffisamment bordé de nouilles pour avoir l’insigne privilège de chauffer son baquet unique !

Bâtis sur la plateforme en aluminium de la 812, les Monza SP bénéficient d’une prérogative qui lui a été refusée : une carrosserie en fibre de carbone. Cela permet à la SP1 d’afficher 1 500 kg sur la balance, soit 20 de moins que la SP2. Le gap entre ces deux-là et la 812 est bien plus spectaculaire, cette dernière affichant une surcharge pondérale de 205 kg par rapport à la SP1.  Sachant que l’ablation du toit et du pare-brise doit être plus ou moins contrebalancée par la greffe de renforts structurels au niveau du châssis afin de le rigidifier, cet écart abyssal est à mettre au crédit exclusif de la carrosserie en carbone.

Une cure minceur de cette ampleur aura vraisemblablement une incidence positive sur le comportement routier, sur le freinage, mais aussi sur la consommation moyenne du V12 6.5 atmosphérique de la Superfast qui, pour ne rien gâcher, dispose d’un haras un peu plus impressionnant. Il a gagné 10 chevaux et un petit Newton-mètre en passant sous le capot des SP1 et SP2 – toujours en position centrale avant. Développant 810 ch et
719 Nm, désormais, il devient le moteur thermique le plus puissant jamais créé par Maranello ! 

Si vous êtes habitués à l’univers feutré de la 812 Superfast, vous retrouverez plus facilement vos repères à bord de la biplace SP2. A noter l’apparition d’un ponton en carbone entre le pilote et son passager, autrement plus encombrant que le tunnel de servitude de la GT précitée.

Hyperfast…

Malgré un rapport poids-puissance largement à leur avantage, les Monza SP réclameraient le même temps que la 812 pour pulvériser le 0 à 100 km/h (2,9 s). La faute à une aéro moins pointue que celle de la 812, et fluctuante. Le Cx morfle en effet quand le pilote est en place, et encore plus quand, sur la SP2, le baquet de droite est occupé à son tour.   

En revanche, sur circuit (Monza, au hasard !), les versions «barchetta» devraient être largement devant. Et la domination devrait être encore plus écrasante en matière de «Bel Canto», de sonorité. Etre aux premières loges du concerto en V12 majeur, en prise directe, sans aucune espèce de filtre entre vous et la mécanique, doit être un super gros kiff.

Ferrari, qui n’a pas communiqué les tarifs de ses deux barquettes, prévoirait de fabriquer moins de 500 Monza SP, mais n’aurait pas arrêté, à la base, de répartition précise entre SP1 et SP2, préférant être à l’écoute des commandes.

Il paraîtrait, du reste, que l’intégralité de la production a d’ores et déjà été réservée. Il y a fort à parier que c’est la SP1 qui s’est taillée la part du lion. Son authenticité et sa radicalité devraient davantage causer aux tifosi que le supplément de polyvalence offert par la SP2, qui s’incline de toute façon sur ce volet, et de façon très nette, face à cet Everest du grand tourisme qu’est la 812 Superfast. En fait, il faut avoir une SP1 et une 812 dans son garage…

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