Y. Senhaji, président Analog et DG de Budget Locasom :%% La LLD a besoin de promotion

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Dans l’entretien qui suit, le président de l’Association nationale des loueurs de longue durée (Analog) et DG de Budget Locasom donne quelques précisions sur l’évolution en matière de réglementation et l’état des lieux du marché.

Autonews :  Quelles sont les réalisations d’Analog pour développer la LLD ?

Younes Senhaji : Analog a réalisé de nombreuses avancées avec le ministère des Transports. Un rapport de confiance mutuel s’est installé et nous ne sommes plus tributaires d’un blocage administratif. Nous avons accès au système d’information de ce département, qui nous a permis d’imprimer tous les documents nécessaires. Actuellement, nous pouvons saisir les fiches d’amende chez nous et nous procédons à des ajustements du système pour déclarer la société locataire concernée et ce sera à elle de déclarer le conducteur.

Pour les immatriculations, le projet est un partenariat entre l’Administration et l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (Aivam) qui n’a pas avancé sur ce chantier. Concernant la visite technique, nous voulons passer à un an après 2 ans d’ancienneté du véhicule et au-delà de ce délai tous les 6 mois. La tutelle est réticente à cette proposition arguant le niveau de sinistralité élevé au Maroc. Aussi, la réduction du nombre de visites entraînera un manque à gagner pour les centres de contrôle. Pour organiser l’activité de location de voitures et avoir une représentativité, nous avons créé une association pour les loueurs de courte durée. Nous avons imposé un cahier des charges bien précis, qui comprend des clauses de moralité.  

Autonews : Qu’en est-il de l’état des lieux du marché ?

Y.S. : Les temps sont difficiles, je crois que le marché terminera l’année en stagnation car notre activité est liée à la conjoncture. Pour 2019, il n’y a pas de visibilité, la conjoncture s’annonce encore plus difficile.

La flotte globale comprend actuellement 35 000 unités. Pour la développer, il faut mener un travail commercial de fond, comme cibler les entreprises qui optent pour le leasing, ou celles qui font des achats propres. Le potentiel existe, il faut l’exploiter. Analog a fait appel à un cabinet spécialisé pour mener une étude sur la pénétration de la LLD auprès des entreprises.

Autonews : Quelles sont les niches qui présentent un potentiel développement
?

Y.S. : Le gros potentiel de la LLD existe dans le marché des PME. C’est pour cela que nous, à Budget, avons recruté des commerciaux dédiés à cette catégorie de clientèle. Aussi, à travers le réseau du Groupe BMCE Bank, nous faisons tout un travail de fond pour toucher nos cibles, surtout les nouveaux clients.

Autonews : Comment se comporte le marché des véhicules d’occasion ?

Y.S. : Les opérateurs de la LLD sont des acteurs majeurs du marché des véhicules d’occasion (VO). Les professionnels de cette activité notamment les marchands du VO ont tendance à être de plus en plus organisés.

Il faut reconnaître aussi que Casablanca alimente toutes les régions du Royaume. Mais c’est un segment qui est lui aussi rattrapé par la mauvaise conjoncture, car nous trouvons de plus en plus de difficultés à écouler ces voitures. Cela est dû aussi aux offres alléchantes dans le neuf.

Autonews : Comment jugez-vous le niveau de fidélité des clients ?

Y.S. : Je pense que les clients deviennent très sensibles aux prix. Pour une différence dérisoire, le client a tendance à basculer vers la concurrence en dépit d’une moindre qualité. Comme le marché n’est pas en croissance, il y a une forte pression sur les prix. A cause du manque de visibilité, des clients ne veulent pas renouveler leur flotte et certains ont même réduit carrément leur parc.

Autonews : Qu’en est-il des appels d’offres publics ?

Y.S. : Plusieurs organismes dont des Offices, des régies, des administrations ont opté pour la LLD.

Mais c’est un marché qui est stable et qui a des contraintes surtout en matière de règlement des factures et aussi au niveau d’usure des véhicules (le plus souvent dispersés dans plusieurs régions du Maroc, et nécessitant des coûts d’entretien élevés). Mais je crois aussi que le potentiel existe et qu’il faut le développer.

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