Aston Martin DBS Superleggera :%% Tu vuò Fà l’Italiano…

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V12 biturbo explosif et carrosserie allégée ! Telle est la combinaison gagnante de l’Aston Martin DBS Superleggera, supersportive extrapolée de la DB11 et baptisée en hommage à une brochette d’illustres aïeules, à savoir les 3 précédentes DBS, mais aussi les trois «Britaliennes» que sont les DB4, DB5 et Lagonda.

Aston Martin cultive une fascination pour l’Italie. Une relation aussi longue que précieuse lie la firme de Gaydon au pays des rivaux Maserati ou Ferrari. Une histoire qui débute bien avant «la storia d’amore» vécue avec Zagato, entamée en 1960 avec la Aston Martin DB4 GT Zagato et qui est toujours d’actualité puisque le septième modèle né de la collaboration entre la firme anglaise et le bureau de style italien, la Vanquish Zagato, ne date que de 2016.

Mais reprenons le fil de l’histoire : l’Anglo-italien Augustus Cesare Bertelli acquiert la marque en 1926, 13 ans après sa création. Il y demeure aux manettes jusqu’en 1938.

Si la machine se révèle dure à relancer dans l’immédiat après-guerre 39-45, le salut vient finalement d’outre-Manche, plus précisément de la Carrozzeria Touring, firme milanaise qui a breveté, au milieu des années 30, un procédé révolutionnaire de fabrication de châssis et de coques baptisé «Superleggera».

Cette technique consiste à greffer une coque composée de panneaux en duralumin (alliage d’aluminium et de cuivre) à une armature tubulaire en métal, constituée de tubes de très petite section. Très vite, du fait de leur légèreté, de leur rigidité et de la grande liberté créatrice qu’elles offrent aux carrossiers de l’époque, les structures Superleggera rendent obsolète le système de construction Weymann, devenant son «Fosbury-flop», en quelque sorte…

Licence… to Kill (la concurrence)

Ce procédé qui a fait la réputation et la fortune de Touring a aussi fait celles d’Aston Martin. Gaydon a acquis à la fin des années 50 une licence Superleggera et en a fait bénéficier un premier modèle en 1958, l’iconique DB4, en l’occurrence, GT la plus importante de l’histoire de la marque à l’emblème ailé, peut-être ! Deux autres Aston Superleggera suivront : la DB5 en 1963 et la Lagonda en 1974.

Aujourd’hui, la DBS Superleggera, basée sur la DB11, rend un vibrant hommage aux Aston Martin «britaliennes» ! Cela dit, la supercar ne fait pas appel au procédé mis au point par Touring, tombé en désuétude de nos jours. Du reste, elle n’a rien d’italien, sinon son nom. Elle n’en est pas moins désirable !

Bâti sur la plateforme modulaire en aluminium extrudé de la DB11 (et de la  Vantage), le nouveau missile de Gaydon dispose d’une carrosserie en plastique renforcé de fibres de carbone. Résultat, cette imposante GT 2+2 revendique un poids à sec de 1 693 kg, soit près de 80 kg de moins que la DB11 V12 et une cinquantaine de moins que la Vanquish S, modèles dont les V12 rendent plus de 100 chevaux à celui de la DBS Superleggera.

En fait, hormis les hypercars Vulcan et One-77, aucune Aston Martin de série, d’hier et d’aujourd’hui, ne peut se prévaloir de disposer d’un rapport poids-puissance aussi bas, donc aussi sportif que le sien : 2,44 kg/ch.

Evidemment, ça aide de disposer d’un moteur affichant une forme olympienne. Le V12 5.2 biturbo développe 725 ch et 900 Nm et est secondé par une boîte automatique à 8 rapports diablement efficace puisqu’il s’agit de la ZF 8HP de deuxième génération, qui a fait ses preuves chez BMW, Jaguar… Rien de tel qu’un duo de ce calibre pour contrebalancer quelque surcharge pondérale, pour permettre à la nouvelle DBS de signer des performances de premier plan : 0 à 100 km/h pulvérisé en 3,4 s et v-max de 340 km/h ! A titre de comparaison la DB11 V12 (608 ch) se «contente» d’une vitesse maxi de 322 km/h et d’une marque de 3,9 s sur le 0 à 100 km/h.

Certes, aussi herculéenne soit-elle et bien qu’équipée d’un différentiel à glissement limité, cette GT hautes performances ne peut être qualifiée de ballerine ou de bête de circuit. Tant mieux, serait-on tenté de dire ! Les sportives anglaises évoluant dans la catégorie des super-légers et qui en redemandent quand on les fait grimper sur les vibreurs sont à dénicher plus à l’ouest, du côté de Hethel – chez Lotus. A Gaydon, c’est l’art du grand tourisme british qui est à l’honneur, qui, depuis plus d’un siècle, est porté au rang d’art.

On ne peut donc pas faire un procès à la Superleggera pour tromperie sur la marchandise, qui a consenti des efforts manifestes et louables en matière de gain de poids. Cette traque des kilos superflus s’est poursuivie à bord, d’ailleurs, avec l’emploi, au niveau des contreportes et de la console centrale, d’un matériau composite forgé et «armé» de fibre de carbone (la très récente Huracan Performante a fait des émules).

«Superlussuosa»

Malgré cette cure d’amincissement, la Superleggera est avant tout «superlussuosa», super luxueuse. Jamais Aston Martin ne dépouillera à l’extrême les habitacles de ses modèles de série ou ne fera de concessions drastiques en matière de luxe ou de confort de roulement (l’amortissement piloté fait partie de l’attirail de cette DBS, soit dit en passant).

L’élégance, la pompe, le déploiement de faste, le recours aux matériaux les plus exclusifs, sont inscrits dans le génome de la marque. Et la DBS Superleggera ne pouvait y couper ! L’ambiance intérieure, doux mélange de DB11 et de Vanquish, est juste irrésistible ! «Gorgeous» ! «So British» !

L’enveloppe extérieure n’est pas en reste ! Le look de la DB11 est magnifié grâce à l’apparition d’optiques ovales, qui dardent un regard plus affirmé, mais aussi d’une calandre remaniée, posée au ras du sol, de deux larges écopes d’air latérales, de 4 sorties d’échappement au diamètre généreux… La DBS Susperleggera reçoit aussi le renfort d’un kit aéro (lame avant, becquet et diffuseur arrière) au look bien senti et à la fonction essentielle. Développés en soufflerie, les éléments le composant permettent de générer 180 kg d’appui quand la vitesse maxi est atteinte !

En revanche, l’addition s’envole. La DBS sera commercialisée prochainement à 280 000 euros environ (plus de 3,2 millions de dirhams). L’inflation est de l’ordre de 75 000 euros par rapport à la DB11 V12. La petite cure d’amincissement, les prépa’ moteur et carrosserie et l’adjectif fleurant bon l’Emilie-Romagne sont facturés au prix fort ! 

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